Les photos de Thalie, ce sont avant tout des expériences. Des expériences visuelles pour celui qui les regarde, des images qui réveillent des souvenirs, des sensations, des sentiments, des émotions. Ce que Thalie crée à travers son objectif ce ne sont pas seulement des images, ce sont aussi des coups. Comme venus d’un poing pour frapper le regard, comme venus du cœur pour frapper l’âme. Des coups portés à l’observateur pour l’interpeller sur lui-même, pour lui dire : « Regarde la noirceur de l’Homme ». Parce que oui, l’art de Thalie est sombre et pourtant, quand je regarde chacune de ses sculptures photographiques, je ne peux m’empêcher de voir au fond de ces ténèbres, la lueur d’espoir qui brille en chacun de nous. L’Humanité est sombre, c’est vrai mais chaque jour l’Humanité rayonne pourtant, de ses efforts pour devenir meilleure. C’est ça qu’illustre le travail de Thalie, à travers la photo, elle répète ce leitmotiv qui devrait animer chacun de nous : éclairer l’obscurité. En tant que modèle, je me fais l’humble interprète de ce qu’elle imagine. Être l’instrument du photographe, se laisser guider par lui c’est une chose qui change le regard qu’on se porte à soi-même. Grâce à Thalie, je me connais mieux. Elle sait révéler la beauté particulière de chacun de ses modèles, avec cette patte qui lui est propre, avec cette énergie et cette passion qui font que travailler pour elle, n’est plus seulement mécanique, mais introspectif. Car savoir ce que l’on est, est aussi important que de suivre l’artiste. C’est seulement si le charme opère, si la fusion des personnalités s’accomplit que l’œuvre peut prendre vie.

LOUVE


Light Space & Time Online Art Gallery is very pleased to announce that Thalie B. Vernet has been named as the Gallery’s new featured artist and she will now be promoted by the gallery for the next 14 days in the gallery’s Artist Showcase.
Thalie was selected as 1 of the top twelve finalists of the gallery’s recent Solo Art Exhibition Series #4. The placement in this competition qualified her art to be showcased in this feature.  Below are her Artist Biography and Artist Statement that was submitted to this competition.

Artist Biography:
Thalie B. Vernet’s childhood in the French nobility was a bruising one under the tutelage of her career military father and her submissive mother. Her education was classical. Her relationship with her father was difficult from the beginning. Her artistic nature and his military one were perpetually at odds.
She was a studious child but Thalie’s creativity was frowned upon so she read books in secret and wrote poems that baffled her father. She felt stifled. Her older siblings left the house as soon as they could, abandoning Thalie to her parents.
She only became free with the death of her father when she was 23. She moved to Argentina for four years returning to France at age 27. She moved to Paris and fully committed herself to photography.
Through her photos she translates living with her father, the unspoken… She relates to the outcasts of society, homosexuals, abused women… At the same time, she has succeeded in the man’s world of business building a real estate portfolio. She is proud of what she has done. A revenge on life.
She lives near Paris in an old mill that dates from the Middle Ages among animals and surrounded by friends.

Artist Statement:
An accomplished artist, actress, lover of books, animals and nature, Thalie B.Vernet long strolled the world of the arts without positioning herself. In 1992, at the suggestion of a photographer friend, she turned to photography and discovered her passion.
Each of Thalie’s photographs samples her days. She reworks her photographs like paintings until she achieves the pure emotion of their original concept.
Thalie uses the overall look of a photograph and her intimacy with her models to transmit the emotion she seeks. Her sensibilities give life to her photographs.
A feminine and elegant woman, Thalie is unafraid to express her masculine side in the man’s world in which she takes part as an artist – nor does she spurn darkness. Her work freely explores themes of anger, indignation and sorrow. Her photographs are the reflections of a divided and tortured soul. Thalie B.Vernet emancipates taboos.

Light Space & Time – Online Art Gallery


Au simple regard des œuvres de Thalie. B. Vernet j’ai immédiatement compris que j’avais sous les yeux le travail d’une photographe particulièrement douée.
Nous étions loin des clichés conventionnels et sentiers battus, la force que dégageaient ses photographies était tout à fait hors du commun. Loin de l’ordinaire souvent fade et sans âme, sans poésie, sans émotion.
Pour vous situer un petit peu Thalie. B. Vernet, elle vient de recevoir le grand prix de photographie Double Skin de l’association Light Space and Time récemment en Floride aux Etats-Unis dans deux disciplines, la technique et la composition.
Ainsi que vous pouvez le découvrir en cimaise l’œuvre de notre amie est d’une sensibilité extrême, d’une émotion ancrée à fleur de peau.
Notons qu’elle est envers elle d’une exigence sans concession, mais très rigoureuse aussi avec ses modèles hommes ou femmes. Jusqu’à l’épuisement physique et psychologique.
Sa vision doit répondre à sa sensibilité, à son émotivité au regard de son intuition personnelle toute chargée d’un climat poétique singulier autant qu’insolite, émouvant, où le corps devient un livre ouvert, une confidence entre ombre et lumière. Enigmatique dualité !
Thalie. B. Vernet est une âme en révolte perpétuelle, d’un anti- conformisme chronique par rapport au monde environnant, à l’homme en particulier, sorte de grand prédateur déconcertant, que pourtant elle idéalise dans son œuvre photographique, car elle aspire à révéler la beauté masculine sans artifices en opposition à celle de la femme trop souvent exploitée comme support de produit de consommation. Acte machiste très dévalorisant !
Néanmoins si l’homme est omniprésent dans l’œuvre de Thalie. B. Vernet, elle recherche chez la femme sa beauté éthérée, son mystère sous jacent, ses lignes délicates, effilées, telle ce rappel à Ophélie symbolisant la beauté, l’inaccessibilité et la mort dans un romantisme énigmatique. La femme demeurera toujours une interrogation.
Le corps pour Thalie. B. Vernet doit exhaler toute sa poésie, sa déchirure, ses douleurs, sa difficulté de vivre dans un combat permanent. 
Ici le sens de l’évocation du corps est palpable, mais également celui de sa stigmatisation.
Ainsi que l’exprime si bien l’historienne de l’art Nathalie Lescop-Boeswillwald, notre photographe plasticienne : «  Initie inconsciemment ou non une symbolique de la dualité humaine, diseuse d’absolu jusque dans ses peurs, ses errements, ses failles…/… »
Lorsque je regarde une œuvre de Thalie. B. Vernet je suis pénétré par la force évocatrice et la beauté esthétique tout à fait hors norme, d’une beauté personnalisée et de haute composition. Le corps se soumet ou s’abandonne, il se déchire ou s’offre à la tendresse, à l’amour suggéré mais difficilement perceptible.
Il s’agit bien là d’une œuvre à regarder dans le prisme de la réflexion, de l’interrogation, sans perdre de vue cette quête permanente d’un absolu insoumis.
Il semblerait que dans sa révolte, sa blessure sans doute, Thalie. B. Vernet voudrait restituer à l’amour, à l’humanité, sa signification première, elle rêve de restituer à la parole du corps son expression suprême.
Elle espère sans doute par la magie de l’image et d’un cliché fugitif de transfigurer un idéal de pureté, celle du corps révélé dans sa réalité.

Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.


Inclassable Thalie B. Vernet. D’abord un coeur qui ne sait pas encore que le mal existe. Un regard en noir et blanc sur des couleurs trop fortes. On est sur l’essentiel et sur le vivant, qu’il soit animal ou humain. L’oeil est au bout de l’objectif, il caresse le sujet qui se laisse
faire. A voir et à rêver.

Edith et Georges BIRNBAUM


Demandez-lui d’où elle vient, elle restera évasive. Demandez-lui qui elle est, elle vous répondra qu’elle est une grande amoureuse de la vie. Ce que je sais d’elle : née au siècle dernier, éducation stricte, la connaissance de la liberté à 23 ans et une grande générosité. Très jeune, elle est sensibilisée par la musique qui lui ouvre les portes de la rêverie, notamment sous les notes de Gustav Mahler. Elle se plonge dans des mondes féeriques et surtout, elle rêve d’évasion… Fascinée par les Arts et surtout la photographie, elle traîne toujours avec elle un vieil appareil qui deviendra son compagnon de route car… Thalie décide de parcourir le monde. Elle ouvrira et affinera son esprit en Amérique du Sud, notamment en Argentine qui reste son pays d’adoption. Elle revient en France et pose enfin ses valises, d’abord à Paris (où elle sera comédienne) puis quelque part, dans un lieu insolite dans l’Aisne. Là, elle évolue parmi les animaux et elle aime surtout les chevaux qui sont pour elle la grâce. Malgré tout, elle a toujours soif d’apprendre et soif de culture. Avide de connaissances, la curiosité la pousse à regarder au-delà des murs et à immortaliser ce que voient ses yeux. Oscillant toujours entre le rêve et la réalité, son travail photographique est éclectique et spontané. Son oeil ne fige que ce qui lui procure de l’émotion. Tenter de dresser un portrait de Thalie B. Vernet est presque un parcours du combattant. Quand on croit la saisir, elle nous glisse entre les doigts. Ce que je retiens d’elle est sa sensibilité, son émotivité, sa curiosité et ses secrets… et le fait qu’elle soit si proche et si loin des contingences. Cette femme est un paradoxe à elle toute seule. Et puis, loin de tout et de tous, elle ne vit et ne respire que
pour l’Art.

Andreas di Ponzo


Thalie B. Vernet porte un beau nom qu’elle tient du temps des règnes de Louis VII et Philippe Auguste.
Issue de la noblesse d’armes, la jeune Thalie ne se destine pour autant pas à leur maniement et entre très tôt dans les arts, comme on entre en religion. La musique, la littérature et l’art équestre deviennent son quotidien et l’entraînent sur la voie de la poésie et d’une rêverie qui ne l’ont jamais quittée depuis.
La photo entre dans sa vie comme souvent, par le biais d’un appareil photo reçu en cadeau qui la laisse perplexe. Pour autant, elle réalise ses premiers clichés sur lesquels son chat et ses chevaux figurent en bonne place …

Devenue jeune femme, Thalie B. Vernet part s’installer quelques années en Argentine. Il y a bien longtemps que ses photographies ne traduisent plus le quotidien immédiatement visible mais révèlent ce qui se trouve au-dessous de la surface. Elle ne photographie plus les animaux que pour capturer les moments de bonheur passés en leur compagnie et fixe désormais dans son objectif l’animal le plus prévisible et le plus imprévisible qu’est l’être humain.

Chacune de ses photographies raconte une histoire, comme un échantillon de sa vie écoulée, de ses journées qu’elle présente pudiquement au regard des autres. Rien de narcissique pour autant.
Elle traite ses photographies comme des peintures en les retravaillant sans cesse jusqu’à obtenir l’émotion la plus pure à ses yeux.

Fixer le regard dans les photos lui est capital. Il représente la clé des émotions, celle qui transmet les sentiments, la souffrance … Parce que le photographe se dévoile autant que son modèle, Thalie B. Vernet ne peut réaliser le portrait de parfaits inconnus. Une alchimie, partager des rires, des émotions lui sont nécessaires.
Thalie B. Vernet puise dans sa sensibilité pour donner vie à ses photos qui mettent souvent en relief les paradoxes de sa personnalité. Elle dit souvent en riant qu’elle ne pourrait pas monter à cheval si elle n’était pas maquillée et pout autant joue du côté masculin que lui confèrent ses cheveux portés très courts pour s’imposer dans un monde souvent fait d’hommes.
Dans cette démarche, elle laisse entièrement libre cours à son côté sombre ou à ses colères et aime de fait travailler des sujets de société comme la discrimination à l‘encontre de l’homosexualité ou le silence toujours trop pesant quand il s’agit des violences faites aux femmes, deux sujets qui lui tiennent à cœur.

Ni militante ni donneuse de leçons, Thalie B. Vernet crée des images silencieuses qui au second regard laissent échapper des hurlements étouffés au-dessous de la surface lisse de ses tirages photographiques. Et parce qu’elle est une femme très joyeuse, elle sait également capturer le bonheur simple et sans aspérité et lui donne une profondeur qui l’élève loin de toute la superficialité ou l’inconséquence auxquelles sont parfois associés les gens simplement heureux.

Jean-Yves Goar